Quand les poissons rencontrent l’Intelligence Artificielle au Cégep
Les enseignants du Cégep Sainte-Foy ont sollicité notre organisme pour organiser une conférence sur l'Intelligence Artificielle appliquée à la biologie. Travaillant sur l'application du MELCCFP depuis 2018, j'ai traversé le stationnement pour me rendre dans le local du Sci-Napse et présenter aux étudiants iPêche, ce projet innovant de science citoyenne.
Une application qui se démarque
L’application iPêche possède des atouts remarquables : elle identifie avec une grande précision les poissons du Québec (y compris les espèces envahissantes), de manière rapide, et fonctionne entièrement hors ligne sur l’appareil mobile.
Contrairement à d’autres applications de reconnaissance comme Google Lens ou iNaturalist, iPêche continue de fonctionner même au dans votre chaloupe au milieu du Lac Saint-Jean, sans connexion Internet. Pendant que ces autres applications vous demandent poliment de rejoindre un réseau pour identifier votre prise, iPêche analyse déjà votre photo.
La technologie au service de l’environnement
Développée avec Ionic et Capacitor, l’application utilise un code source unique pour les versions Android et iOS. Le réseau de neurones est intégré directement dans l’application et exploité par TensorFlow.js pour analyser les photos des utilisateurs.

Notre base de données affiche d’excellents résultats : 97 % de performance en Top1, ce qui signifie que notre réseau de neurones identifie correctement le poisson dès le premier résultat dans 97 % des cas. L’analyse s’effectue en quelques secondes, selon la performance de l’appareil.
Un public engagé
Environ 150 personnes occupaient la salle réservée par les enseignants de biologie et d’informatique. Fidèle à mon style, j’ai tenté quelques traits d’humour, mais les rires se sont fait rares. Les étudiants semblaient concentrés sur l’apprentissage, désireux d’absorber les informations sur cette application concrète qui unit technologie et biologie pour la science citoyenne.
Cette impression s’est confirmée par la qualité des questions posées après la présentation et l’affluence au kiosque d’Olivier D’Amours, où les étudiants ont testé l’application sur des modèles en silicone et de vrais poissons.

Plusieurs étudiants m’ont rejoint après la conférence pour approfondir certains aspects, et certains ont même proposé des solutions au défi que j’avais mentionné concernant la mesure des poissons photographiés (mais chut, cette fonctionnalité est encore en développement !).
Une passion qui perdure
Participer aux activités pédagogiques du Cégep et échanger avec les étudiants reste toujours un plaisir. D’une cohorte à l’autre, on observe l’évolution technologique chez les jeunes — plus personne ne me parle de Flash ou d’ActionScript depuis longtemps !
Ce qui demeure constant, particulièrement chez les étudiants en programmes spécialisés (biologie, chimie, informatique, multimédia, et plusieurs autres), c’est leur curiosité, leur passion pour leur domaine et leur capacité à transformer un passe-temps en future carrière. Comme le disait Confucius : « Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie. »
